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Jean-Philippe Pierron

Jean-Philippe Pierron est professeur des universités en philosophie de la vie, de la médecine et du soin à l’Université Bourgogne Europe, où il est membre du laboratoire LIR3S et coresponsable du pôle « Éthique et vulnérabilités ». Philosophe, agrégé et docteur en philosophie, il développe une réflexion à la croisée de la philosophie morale, de l’éthique appliquée, de la philosophie de l’environnement, de la phénoménologie et de l’herméneutique. Ses recherches portent notamment sur le soin, la vulnérabilité, les relations entre humains et vivants et les enjeux éthiques liés aux transformations environnementales et technologiques. Directeur de la chaire « Valeurs du soin » de l’Université Jean Moulin Lyon 3, il s’intéresse également aux liens entre éthique et esthétique, ainsi qu’à l’importance des expériences sensibles et de l’imagination dans notre rapport au monde. Auteur de nombreux ouvrages, dont « Je est un nous », Pour une insurrection des sens et Nos vies sur la brèche, il défend une philosophie attentive au vivant, au soin et aux interdépendances.

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LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/jean-philippe-pierron-abaa63200/

 

Le care n’est pas une spécialité mais une révolution silencieuse : il nous rappelle que prendre soin du monde, c’est d’abord voir des liens invisibles qui le tissent – et oser les réparer, un geste à la fois.

Sa contribution

Challenge créatif « Made in Campus » – Lundi 08/04/2024

Sujet : Design du care

Cette intervention explore la notion de « design du care » (ou « design du soin »), non pas comme une spécialisation réservée aux secteurs médicaux (hôpitaux, EHPAD), mais comme une attitude fondamentale applicable à tous les domaines du design. Le care, concept issu de la philosophie féministe américaine (Carole Gilligan, Joan Tronto), dépasse la simple dimension curative (cure) pour englober une attention aux liens qui soutiennent notre existence : liens humains, sociaux, environnementaux et même techniques.

Trois idées clés structurent cette réflexion :

  • Démédicaliser le soin : Le care n’est pas limité à la santé. Il s’étend à tous les métiers invisibles (éboueurs, livreurs, éducateurs) qui « maintiennent le monde » (Tronto). La pandémie de Covid-19 a révélé l’importance de ces « métiers de première ligne », souvent sous-payés et féminisés, soulignant leur rôle politique et social.
  • Degenrer le soin : Historiquement associé aux femmes (« aidantes naturelles »), le care doit être repensé comme une compétence universelle, dépassant les stéréotypes de genre. Cela implique de valoriser économiquement ces métiers et de reconnaître leur dimension technique (ex. : savoir-faire des soignants).
  • Élargir le soin aux non-humains : Le care inclut la maintenance des objets (réparation, recyclage), des milieux écologiques (ex. : « ménager » plutôt qu’« aménager » l’espace), et même des systèmes techniques (ex. : une « matériothèque » pour tracer l’origine des ressources).

Le care se décline en quatre étapes :

  • Se soucier (identifier les besoins).
  • Se charger (assumer une responsabilité).
  • Accorder des soins (mobiliser des compétences).
  • Recevoir des soins (écouter les bénéficiaires).

Enfin, le care interroge notre modèle économique extractiviste (capitalisme « nécro », épuisement des ressources et des humains). Face à cela, deux voies s’offrent : réformer le système de l’intérieur (ex. : hacking des logiques institutionnelles) ou le révolutionner. Le luxe, par exemple, conserve des savoir-faire artisanaux précieux, mais reste prisonnier de dynamiques capitalistes prédatrices. La solution ? Des « engagements impurs » (Landsberg), où l’on agit dans les contradictions, sans prétendre à une pureté idéologique 

Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v126896928c681abnwt9/ 




 

Challenge créatif “Made in Campus”grande thématiquedate
La transmission des savoir-faire dans les métiers d’artArts vivants, société et territoires08/04/2024
titres & spécialitéthèsesoutenue EN
Professeur des universités en philosophie
Directeur de l’école doctorale
L’herméneutique du témoignage : prolégomènes à une poétique de l’action2000