
Designer, docteure en Géographie, Béatrice Gisclard est Maîtresse de Conférences en Design, co-responsable du master Design Innovation Société (DIS) et directrice-adjointe de l’UPR PROJEKT de Nîmes Université. Elle travaille sur les questions environnementales au sens large et sur la question des risques comme prisme de lecture de nos sociétés. Ses travaux portent sur les risques naturels (inondation – canicule), l’alerte à la population et les vulnérabilités territoriales et habitantes dans le contexte du dérèglement climatique. Son approche interdisciplinaire (géographie, psychologie sociale et design) permet d’aborder les interrelations que l’individu entretient avec son environnement à travers l’innovation sociale territorialisée.
Elle a coordonné avec Brigitte Auziol, Karen Brunel et Lucile Haute, le fichier de référencement des thèses francophones en design, travail initié par Brigitte Borja de Mozota
Fichier disponible ici : https://theses-design.unimes.fr/
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Nous avons pris conscience que nous n’avons pas à transformer le design en une imitation de la science, tout comme nous n’avons pas à traiter le design comme un art ineffable et mystérieux. Nous reconnaissons que le design possède sa propre culture intellectuelle distincte.
Ses contributions
Webinaire DN MADE – Mardi 14/03/2023
Sujet : Le design est-il une science ?
Béatrice Giscard, designer de formation (École Boulle) et enseignante-chercheuse en design à l’Université de Nîmes, interroge la place du design comme science. Après un parcours hybride — pratique en agence, master en psychologie sociale de l’environnement et doctorat en géographie —, elle souligne la complexité de cette question, liée à la définition même de la science. Celle-ci, selon le CNRTL, repose sur des connaissances structurées, méthodiques et reproductibles, mais aussi sur une démarche critique et évolutive, comme l’illustrent les révolutions copernicienne ou einsteinienne. Le design, historiquement ancré entre art et ingénierie, a longtemps été perçu comme une pratique intuitive. Pourtant, depuis les années 1960, des figures comme Bruce Archer ou Herbert Simon (auteur de Les Sciences de l’artificiel) ont tenté de le formaliser comme une science de la conception, capable de résoudre des problèmes complexes (wicked problems). Aujourd’hui, le design se situe à un carrefour disciplinaire, entre arts, sciences et technologies, comme le défend Nigel Cross. Béatrice Giscard insiste sur les critères de scientificité (rigueur, reproductibilité, validation par les pairs) et les enjeux de reconnaissance académique : sans section CNU dédiée en France, le design peine à s’institutionnaliser, contrairement aux pays anglophones. Pourtant, des sociétés savantes (Design Research Society, European Academy of Design) et des revues scientifiques (Design Studies, Sciences du Design) structurent progressivement ce champ. À travers un projet de recherche concret (programme Etu’Zen sur la santé étudiante), elle montre comment le design, par sa méthodologie collaborative et itérative, peut produire des connaissances scientifiques. Cependant, elle conclut que le design n’est ni uniquement une science, ni uniquement un art : il possède une culture intellectuelle propre, entre rigueur scientifique et créativité.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v126648ba54c30q357g1/
Les jeudis de la recherche – Jeudi 06/02/2025
Sujet : Introduction aux enjeux environnementaux
Béatrice Giscard, spécialiste en prévention et gestion des risques, interroge le rôle du design face aux crises environnementales et sociales, désormais indissociables. Depuis 1972 et le rapport Les Limites de la croissance du Club de Rome, les scientifiques alertent sur l’anthropocène, une ère où l’activité humaine bouleverse le climat. Les catastrophes naturelles et technologiques, désormais quotidiennes, imposent une réflexion systémique : le design ne peut plus ignorer ces enjeux. L’intervenante insiste sur l’interdépendance entre environnement et société, citant Edgar Morin et sa notion de polycrise. Les designers doivent intégrer ces dimensions dans leurs projets, qu’il s’agisse d’objets, d’espaces, de services ou de graphisme. L’éco-conception ne se limite pas au choix de matériaux : elle implique une analyse du cycle de vie complet (production, transport, usage, fin de vie), y compris pour le numérique, souvent perçu à tort comme dématérialisé. Face à l’infobésité et à l’éco-anxiété, elle encourage les designers à cartographier les impacts de leurs projets sans tomber dans l’immobilisme. Plutôt que de chercher des solutions parfaites, il s’agit de réduire les externalités négatives (pollution, gaspillage) et d’innover avec frugalité (réemploi, robustesse, durabilité). Elle cite l’exemple des chambres à air recyclées ou du masque Décathlon détourné pendant la pandémie, illustrant un design du peu qui évite le gaspillage. Enfin, elle souligne l’importance de décentrer le regard : penser le vivant (biodiversité, moustiques dans un événement), les vulnérabilités (vieillissement, déplacés climatiques) et les échelles (un projet local peut avoir des répercussions globales). Le design doit poser des questions avant de proposer des solutions, en évitant le technocentrisme (l’IA ou les robots ne sont pas des fins en soi) et le greenwashing.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v126ade581f03m16zpxl/
| webinaire DN MADE | grande thématique | date |
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| Le design est-il une science ? | Recherche, création et innovation en design | 14/03//2023 |
| Jdr | grande thématique | date |
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| Introduction aux enjeux environnementaux | Écologie, vivant et transitions | 06/02/2025 |
| titre & spécialités | thèse | soutenue EN |
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| PhD en géographie Maitresse de conférences en design – Nîmes Université Directrice adjointe du laboratoire Projekt | L’innovation sociale territorialisée : un levier de réappropriation du risque inondation par les habitants, l’exemple des crues rapides dans les territoires ruraux du Gard et du Vaucluse | 07/12/2017 |