
Antonin Mongin, docteur en design et artisan-designer textile basé à Paris, est un pionnier dans la réinvention des pratiques artisanales oubliées. Après un master en design textile et matière obtenu avec les félicitations du jury à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (2016), il soutient en 2022 une thèse en design (SACRe – PSL Research University), également saluée par le jury. Sa recherche porte sur le renouveau de « l’Art de travailler en cheveux », une technique artisanale disparue au XXe siècle, qu’il réinterprète sous le nom d « Artisanat d’art du cheveu coupé ». Depuis 2017, ses travaux sont récompensés par des prix prestigieux, dont le Prix de la Jeune Création des Métiers d’Art de France et le Grand Prix de la Création de la Ville de Paris (2024). Il collabore avec des institutions internationales comme l’Aalto University (Helsinki) ou le CNRS/EHESS (Paris), et intervient lors de colloques dédiés aux innovations textiles. Dans son atelier parisien, il crée des matériaux textiles uniques à partir de fibres rares (cheveux naturels ou synthétiques, crin de cheval, raphia, etc.), utilisant des techniques variées (tissage, feutrage, impression 3D). Ses réalisations, alliant art et artisanat, séduisent particuliers et maisons de luxe. Il est également consultant en R&D et auteur dans le domaine des métiers d’art. Soutenu par des institutions comme la Fondation Rémy Cointreau et la Fondation Banque Populaire, il incarne une approche innovante, mêlant tradition et modernité.
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Les cheveux ne sont pas qu’une matière, ils ont une mémoire vivante, un fragment d’âme que l’art transforme en objet d’éternité. Entre tradition et technologie, ils nous rappellent que même coupés, nos liens ne le sont jamais tout à fait.
Ses contributions
Jeudis de la recherche – Jeudi 16/10/2025
Sujet : Innovations technologiques
Ce texte explore l’art du cheveu, une pratique historique et contemporaine où les cheveux, chargés de valeurs mémorielles, symboliques et sentimentales, deviennent une matière première artistique. Au XIXᵉ siècle, les cheveux étaient tressés, collés sur des supports (ivoire, verre, papier) ou réduits en poudre pour créer des pigments picturaux, servant à représenter des scènes allégoriques ou des arbres généalogiques. Ces œuvres, souvent liées au deuil ou à la célébration de moments joyeux (amour, amitié), déclinent lorsque la photographie émerge, remplaçant progressivement cet art par des souvenirs immatériels. Aujourd’hui, cette pratique renaît sous une forme contemporaine et innovante. Les cheveux, selon leur longueur, sont transformés en :
- Pigments textiles (pour des impressions sérigraphiques sur soie ou autres supports, révélant leur nature capillaire par transparence).
- Matière à feutrer (pour des pièces non tissées, tatouées de motifs via des techniques de sérigraphie à la crème peroxydante).
- Fils à tisser (intégrés en trame sur des métiers à tisser traditionnels, mettant en valeur leurs nuances chromatiques uniques, comme des cheveux tie and dye).
- Faisceaux tricotés (pour des structures en nylon accueillant des mèches de plus de 40 cm, réintégrant du « vivant » dans des matériaux inertes).
L’innovation technologique s’invite aussi dans cet art avec la marque Phylactère Capillaire, où les cheveux réduits en poudre sont intégrés dans des bijoux imprimés en 3D (bagues, colliers), recréant la couleur absolue des dons capillaires. Ces pièces, inspirées des bijoux sentimentaux du XIXᵉ siècle, modernisent la tradition en associant mémoire et technologie. Enfin, une collaboration avec Hermès explore l’utilisation du crin de cheval et des cheveux pour créer des tissages hybrides (accessoires « centauresques »), tandis qu’un projet avec Clément Bottier développe des fausses fourrures 100 % végétales (lin, chanvre, ortie), teintes aux colorants naturels. Ces créations, inspirées par les spécimens du Muséum national d’Histoire naturelle, visent à remplacer les fourrures animales ou synthétiques par des alternatives écologiques et éthiques, tout en célébrant le savoir-faire artisanal et l’innovation matérielle.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v126b0e9f7ff525ok5af/
Les webinaires DN MADE – Jeudi 16/11/2023
Sujet : Comment réveiller une pratique artisanale endormie par une recherche en design ?
Antonin Mongin présente une recherche en design textile consacrée au réveil d’une pratique artisanale disparue : l’art de travailler le cheveu. Partant de deux questions personnelles — quelle fibre textile est la plus intimement liée à l’humain et comment créer un matériau vraiment sur mesure — le designer choisit le cheveu coupé comme matière première. Il rappelle qu’au XIXe siècle les cheveux étaient transformés en bijoux sentimentaux ou en tableaux mémoriels, avant que cette pratique ne décline avec l’apparition de la photographie. Faute de références abondantes, il étudie les objets conservés dans les musées comme de véritables archives techniques. Sa recherche montre que réveiller un métier d’art ne signifie pas le reproduire à l’identique, mais le réinventer à partir de savoir-faire contemporains. Antonin Mongin développe ainsi plusieurs protocoles : réduire les cheveux courts en poudre pour créer des pigments, feutrer les longueurs moyennes, tisser les mèches longues ou tricoter les cheveux exceptionnels. Chaque don reste singularisé, porteur d’une couleur, d’une histoire et d’une charge symbolique propres. Les projets peuvent marquer des étapes de vie, associer passé et présent, ou produire des objets d’apparat. La conférence insiste aussi sur la lenteur, le dialogue avec la matière, l’importance de la recherche et la transmission. Le cheveu n’est plus un déchet mais une matière précieuse, mémorielle et durable, capable de donner une seconde vie à ce que l’on laisse habituellement derrière soi.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v12666c7e5b0d7lvx06r/
| webinaire DN MADE | grande thématique | date |
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| Comment réveiller une pratique artisanale endormie par une recherche en design | Recherche, création et innovation en design | 16/11/2023 |
| Jdr | grande thématique | date |
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| nnovations technologiques | Technologies, numérique et nouveaux usages | 16/10/2025 |
| titre & spécialité | thèse | soutenue le |
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| PhD en Design (Sacre) | L’Artisanat d’art du cheveu coupé : Le cheveu comme matière à création d’une recherche par la pratique du design textile | 18/02/2022 |