
Antoine Moreau est un artiste et un enseignant-chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication (SIC), spécialisé dans l’analyse des médias, des pratiques numériques et des transformations sociales liées aux technologies. Ses travaux explorent des thèmes comme les réseaux sociaux, la désinformation, les médias participatifs ou encore les enjeux éthiques du numérique. Enseignant engagé, il forme les étudiants à une approche critique des médias et des outils numériques, en insistant sur l’importance de l’analyse des discours, des usages sociaux et des impacts culturels des technologies. Ses recherches, souvent interdisciplinaires, visent à comprendre comment les innovations communicationnelles redéfinissent les rapports de pouvoir, les identités et les pratiques citoyennes. Passionné par la recherche-action, Antoine Moreau collabore avec des acteurs institutionnels et associatifs pour développer des solutions concrètes face aux défis posés par l’information et la communication à l’ère numérique.
« Les technologies ne sont pas neutres : elles façonnent nos sociétés autant qu’elles en sont le reflet. »
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Le parfait se réalise par l’imperfection, puisque le parfait est clôt sur lui même, il est fini, il est comme mort, alors que l’imperfection est, de fait, vivante.
Ses contributions
Les webinaires DN MADE – Lundi 12/12/2022
Sujet : Place de l’imperfection dans les métiers de la création
Antoine Moreau explore la place de l’imperfection dans les métiers de la création, distinguant l’art (recherche fondamentale, libre) de l’artisanat (recherche appliquée, contraint par l’exigence de savoir-faire). Il part d’une expérience avec ChatGPT, tout juste sorti, dont les réponses trop lisses sur l’imperfection lui semblent manquer d’expérience humaine. Il développe le concept de sérendipité, « l’accident heureux » qui permet de trouver ce qu’on ne cherchait pas, illustré par la découverte de l’Amérique et de nombreuses inventions nées d’erreurs (pénicilline, cookies, post-it, Coca-Cola). Il cite Verlaine et Paul Valéry sur l’imperfection en poésie, puis passe en revue des artistes ayant fait de l’imperfection leur matière première : Jackson Pollock (dripping), Robert Filliou (« génie sans talent », principe d’équivalence entre bien fait/mal fait/pas fait), Bas Jan Ader (performances autour de la chute), Marcel Duchamp (ready-made), Enzo Mari (do it yourself), John Cage (piano préparé), et Rikrit Tiravanija (art relationnel de la soupe partagée). Il présente aussi son propre travail, « Vitagraphie », où des toiles vierges posées au sol captent les traces de passage des gens. Il évoque également des exemples appliqués comme les fruits et légumes moches d’Intermarché ou les jeans troués, montrant comment l’imperfection volontaire crée de la valeur économique et narrative. Il conclut que face aux intelligences artificielles, de plus en plus performantes mais dénuées de vécu et d’imprévu, c’est précisément notre imperfection, notre finitude et notre capacité à l’accident heureux qui nous distinguent et qu’il faut cultiver.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v126648ba4bf9rlvbnj1/
Les webinaires DN MADE – Mardi 14/05/2024
Sujet : Qu’est-ce que créer à l’heure de la création généralisée ?
Antoine Moreau interroge ce que signifie créer à l’heure des intelligences artificielles génératives, qu’il préfère nommer « agents créatifs ». À partir de démonstrations avec ChatGPT, Midjourney, DALL·E, Sora, Stable Diffusion ou Hugging Face, il montre à la fois la puissance, la facilité et les limites de ces outils. L’IA peut produire rapidement textes, images ou vidéos, mais cette efficacité pose un problème essentiel : si tout devient trop simple, où se situent encore la recherche, la contrainte, l’observation et la responsabilité humaines ? Le dialogue insiste sur la nécessité de connaître les outils, de vérifier leurs réponses, de comprendre leurs biais et de conserver une distance critique. Antoine Moreau distingue la créativité, souvent liée à la productivité et à l’innovation, de la création artistique, qu’il associe davantage à l’observation, au contexte, au soin et à la maintenance. En évoquant Marcel Duchamp, Joseph Beuys, Jean Dubuffet, Mierle Laderman Ukeles, Simone Weil ou ses propres vitagraphies, il défend une approche de l’art qui ne repose pas seulement sur la fabrication d’objets nouveaux, mais sur l’attention portée aux êtres vivants, aux usages, aux milieux et aux traces. Face à l’IA, l’enjeu n’est donc pas de rejeter la machine, mais de comprendre ce qu’elle ne peut pas accomplir : agir en intelligence avec un écosystème, assumer une responsabilité éthique et préserver une qualité profondément humaine.
Replay : https://mediacenter.univ-fcomte.fr/permalink/v12689ca8673dy8a9196/
| webinaire DN MADE | grande thématique | date |
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| Place de l’imperfection dans les métiers de la création | Recherche, création et innovation en design | 12/12/2022 |
| Qu’est-ce que créer à l’heure de la création généralisée ? | Recherche, création et innovation en design | 14/05/2024 |
| titre & spécialité | thèse | Soutenue EN |
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| Artiste et MCF en Sciences de l’information et de la communication | Le copyleft appliqué à la création hors logiciel : une reformulation des données culturelles ? | 2011 |